Une anticipation positive
26 février 2006 Michèle
Une anticipation systématiquement positive de l’avenir
Le très beau concept que tu développes, ma chère Naïma, ne résout malheureusement pas l’équation dysphorie / apparence
Dommage, c’est un beau rêve !
Triste société qui ne peut que condamner ce qu’elle n’explique pas puisque étant intangible elle ne peut y donner des bases concrètes.
C’est exactement le concept réducteur que développe Madame Chiland qui sans aucun doute, plongée dans son obscurantisme aurait fait l’une des têtes de file de l’inquisition au Moyen Age et aurait brûlé Jeanne d’Arc sans coup férir.
Je déplore le battage politico insurrectionnel fait autour de ces écrits rétrogrades qui entretient le contre courant de l’espérance progressiste que nous enregistrons par rapport à bien d’autres positions de nos praticiens.
Quand le docteur Cordier dit, devant des milliers de téléspectateurs de Arte, que pour lui le problème n’est pas de chercher à comprendre tous les cheminements biologiques ou intellectuels conduisant au transsexualisme, la science en l’état actuel des choses ne le permet pas encore, mais de faire face aux conséquences pour tenter de remédier aux souffrances engendrées, je ne peux bien sur qu’adhérer à son propos.
D’autant que le décret de 2004 repend très clairement ce concept de souffrance :
parmi les manifestations anxieuses, retenir :
la souffrance du sujet, l’impossibilité de faire des projets, la restriction marquée des intérêts, l’anticipation systématiquement péjorative de l’avenir.
Pour un(e), qui prétend crânement ne pas souffrir de la situation, combien sont-elles que l’état précaire d’anticipation sur l’avenir pousse au désespoir, faute de pouvoir imaginer même de quoi il sera fait ? De quel genre physique et social, elle procèdera au point de se propulser dans une sorte de non acceptation de la société qui lui procure une souffrance morale indicible !
La vie ne vaut la peine d’être vécue que dans l’estime de soi !
Dans les conceptions sociales actuelles la liberté de notre corps ne nous appartient pas ! Ni socialement, ni juridiquement, ni médicalement parque les définitions anciennes remontent au code Napoléon qui aurait besoin d’un sérieux lifting.
Reste que la séparation de l’église et du pouvoir ouvre la liberté de culte à tous les individus dans une libre pratique, jusqu’à un certain point subrepticement encadrée au détour d’alinéas noyés dans la masse.
Le parallèle devient donc aléatoire, voire impossible quand l’argent roi de notre époque troublée vient perturber des idéaux simples pour les orienter dans des directions perverses et inégalitaires.
Si tu as de l’argent tu peux te faire opérer n’importe où dans le monde sans le consentement de personne et acheter au retour toute ta crédibilité sociale. Tous, toutes, sont-ils réellement trans., j’en doute !
Si tu n’en as pas, ou peu, tu dois entrer dans des moules qui sont forcément sculptés dans les courants de l’époque définissant des standards sociaux auxquels tous, du praticien au patient, il faut se conformer.
Les quelques milliers d’individus que nous sommes n’ont pas le pouvoir d’influer sur l’énorme masse qui nous entoure, tout au plus sensibiliser nos intervenant directement engagés sur des ressentis par rapport aux modèles de soins qui nous sont proposés.
A condition encore de ne pas le faire en ordre dispersé !
Nous avons, puisque nous sommes concernées au premier chef des ressentis, des solutions qui valent ce qu’elles valent mais qui ont le mérite d’exister et nul n’est besoin comme l’exigeait le docteur Gaillarda d’être auto proclamé spécialiste du Transsexualisme pour apporter de l’humanité à tout un système.
Car au bout du compte on parle là d’êtres humains avec une âme et une sensibilité et non de volailles soumises à décisions de technocrates, notamment en ces jours ci, soumis à décision de Bruxelles pour une autorisation trop tardive de vaccination contre la grippe aviaire !
Je retourne vers toi amie quand tu entraînes les notions de handicaps qui nous caractérisent vers une conceptions gratifiante de richesse. Ce que j’ai ressenti et écrit, il y a près de 10 ans :
« ......, je le jure, ces années ont été riches de partages pour nous tous, femme, enfants et moi ! Elle suscitent une merveilleuse espérance en l’avenir.
Il est probable que ma singularité plurielle m’aura permis, souvent, d’aborder les événements courants avec des réponses plus subtiles que par un raisonnement simplement mono genre ! »
Là, j’ai découvert que nuancer son propos peut-être révélateur de lucidité voire de sagesse :
Même si, pour nous toutes, c’est lourd à reconnaître ou à porter, il y a dans notre bivalence psychophysiologique une formidable richesse faite de nos deux composantes masculines et féminines, que nous ne devrions jamais renier.
Quoiqu’on puisse en penser, il y a et il y aura toujours cette évidence universelle comme le noir et le blanc, le yin et le yang, l’opposition entre deux approches :
Le positif et le négatif , le noir et le blanc...les extrêmes d’un pole à l’autre !
Mais il existe aussi une infinité de transitions entre les deux !
Dans nos vies, même traditionnelles ou disons classiques, à plus forte raisons pour celles qui sont troublées comme la notre, tout ne peut pas être totalement tranché, passer sans transition du noir au blanc sans tenir compte qu’entre les deux il existe une infinité de nuances de gris est une erreur fondamentale.
Ce serait nier des apparences de comportements transitoires autant pour le uns que pour les autres.
J’ai admis également que j’avais un vécu, une famille, des engagements d’homme. »
(Intro « L’Homme de Verre » vers 1995)
Aujourd’hui, presque au bout de mon parcours, j’ai envie de m’appuyer pour toujours sur toute la richesse de ma vie pour composer la pluralité de celle qui se rapproche de moi.
Cet espoir me fait dépasser la souffrance des années d’attente, l’impossibilité de faire des projets, la restriction marquée des intérêts que je pouvais porter au futur.
Je fais désormais une anticipation systématiquement positive de l’avenir en suivant un parcours officiel dans lequel j’ai toujours été totalement respectée par tous mes interlocuteurs
Michèle




