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Transsexuelle avec Dieu.

16 mars 2006 Michèle

Foi et transsexualisme ne sont pas incompatibles ! Il suffit de se souvenir que le message du Christ est seulement Amour !


En souvenir d’Annie !

TRANSSEXUELLE AVEC DIEU !

Dans le silence et la solitude de mes soirées de cet été, je me suis laissée porter par mon inspiration profonde pour exprimer ma perception intime en ce qui concerne ma foi et ma façon de l’aborder pour m’appuyer dessus et faire de ma vie ce qu’elle est aujourd’hui.

Alors, je reprends ma plume pour vous dire comment je ressens cette foi, l’image que je me fais de Dieu, du Christ, comment j’essaye de vivre simplement ma Foi et ma Transsexualité, comment je vois l’Église en tant que communauté humaine avec ses qualités et ses défauts, comment je comprends certaines incohérences avec ce qu’elles m’inspirent dans leur application !

Je ne savais pas très bien comment aborder ce sujet, alors j’ai laissé errer mes doigts sur mon clavier :

"Je suis non violente mais ferme sur mes positions !

Mais en plus, profondément croyante, chrétienne... et passablement pratiquante, surtout oecuménique dans mes actes de tous les instants !

Ce qui veut dire bien évidemment que j’ai tous les défauts aux yeux de certaines, mais c’est l’explication d’où je tire une certaine force pour certaines autres."

De plus, je défends toujours les gens que j’aime, à plus forte raison s’ils peuvent apparaître (seulement) lointains et inaccessibles comme un Dieu invisible au plus haut des cieux !

Si je me retourne sur mon passé de croyante, je dois avouer que je n’ai jamais été une « tiède » tantôt farouchement contre tous les préceptes religieux, tantôt critique mais agissante, généralement au sein d’une fusion passionnelle avec un esprit si loin et si proche à la fois.

J’en suis à ce jour à une tendre reconnaissance de me permettre de réaliser ma vie dans le sens où je l’ai toujours attendue. De très longs silences ont souvent précédé des réactions inattendues quand je me cabrais de toutes mes forces contre une vie d’homme qui m’enfermait dans sa prison masculine, sans espoirs de pouvoir être enfin soi.

J’ai accepté ou rejeté beaucoup de choses de Dieu et de l’Église dans des raccourcis primaires jusqu’à me dire une bonne fois pour toutes qu’il ne suffit pas de tout rejeter en bloc sans avoir remis les choses à leur place :

NE PAS MÉLANGER DIEU ET L’ÉGLISE DES HOMMES :

Dieu est le créateur au dessus de tout ?!!!!!

« Au commencement était le verbe.... »

Même les plus récentes découvertes scientifiques ne peuvent pas infirmer l’existence de Dieu, pas plus d’ailleurs que la confirmer mais il existe dans la vie de croyants de nombreuses rencontres avec une entité supérieure qui a porté divers noms au fil des siècles Yahvé, Jéhovah, Adonaï et j’en passe !

Il est quand même troublant de découvrir que de nombreux scientifiques d’essence matérialiste on fait des conversions fracassantes et sont devenus quand ils ne l’étaient pas de fervents défenseurs de la foi.

J’ai le réel sentiment que chercher à imager Dieu est l’une des plus grosses erreurs que l’on puisse commettre (je ne dis pas faute mais volontairement erreur).

A mon avis, il est très loin de la très belle représentation de Michel Ange, en vieillard vénérable tendant la main aux homme par l’intermédiaire d’Adam ; il est encore aussi éloigné du souverain despote du même auteur triant l’humanité comme le bon grain de l’ivraie ; il n’est pas non plus le châtieur impitoyable de Jansen, je ne crois pas qu’il soit, enfin, totalement l’ami paternaliste sur l’épaule duquel on peut se reposer, encore que.... C’est un représentation vers laquelle je m’achemine.

On peut aussi se poser la question de son existence réelle, quand on ne le perçoit pas dans sa vie. Reste que la question est de faire la différence entre un silence lancinant lié à un manque de disposition à le recevoir et à la nature même de son être immatériel .

J’ai personnellement vécu de longues périodes sans le moindre retour enfermée moralement dans mes contradictions, incapable de voir ni entendre le moindre échange à travers les signes de la vie. J’ai même été une accusatrice violente sur sa volonté de jeter sur l’humanité tous les maux les plus vils en reniant jusqu’aux bases de sa bonté !

Je l’ai écarté mais sans cesse, inlassablement, Il est revenu me chercher dans ma nuit !

Qui est-Il ? Je ne le sais pas ! Mais je sais qu’il EST et que j’ai renoncé à figurer l’immatériel !

Je vais dire une chose choquante pour les fondements du dogme !

« Dieu est une création de l’homme ! »

Je m’empresse de rétablir la fausse impression de mon affirmation en disant et en argumentant que Dieu est ou pourrait être notre créateur mais que nous le discernons chacun, chacune selon notre propre sensibilité, nos us et coutumes, notre civilisation, notre culture, notre environnement.

Nous créons sa personnalité à travers notre vécu !!!!

Nous partageons avec nos frères juifs, nos amis musulmans de larges pans de son histoire et si l’on gratte un peu nous trouvons de larges similitudes dans d’autres religions ou croyances monothéistes.

L’Église est une création des hommes.

L’Église, le temple d’abord existent depuis la nuit des temps !

Il y a d’abord eu le rassemblement d’individus autour de puissantes croyances d’abord très proches de la nature qui ont codifié autour de divers Dieux d’essences naturelles (la lune, le soleil, les étoiles) les rapports des hommes avec la nature et entre eux.

Petit à petit à on évolué vers divers pragmatismes bien avantageux !

Il suffit de se souvenir des nombreux Ladres romains qui étaient autant de Dieux domestiques au commandement de la maisonnée, dominés par les plus grands au plus haut de l’Olympe.

Puis enfin, l’humanité à eu la connaissance du Dieu unique révélé au buisson ardent !

Le peuple élu, l’Égypte, le fantastique périple de Moïse et du peuple juif dans le désert, les tables de la loi et les prédictions sur l’espérance d’un Messie qui s’est concrétisée par la venue du Christ.

C’est la seule véritable chose qui nous sépare de nos amis juifs car nous chrétiens avons admis l’essence divine du Christ alors que ce peuple frère s’il en est, en est encore à l’espérer.

L’Église chrétienne d’aujourd’hui est considérée comme née de ces quelques paroles :

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »

Mon raisonnement personnel va un peu plus loin car la première Église de Jésus que je me représente était constituée d’une petite communauté hétéroclite composée d’abord de lui-même et de quelques individus simples comme des bergers, des pécheurs du bord du lac de Tibériade, les 12 Apôtres qui l’ont suivi tout au long de son sacerdoce. Pas de docteurs en théologie !!!!!

Pour ceux qui doutent de cette réalité historique, je tiens à préciser que de nombreux récits, notamment de Pline l’Ancien et le Jeune ensuite font état des événements de cette époque et ne peuvent être taxés de partisans du fait de leur appartenance à une autre religion qui a combattu le christianisme à ses débuts.

C’est après la crucifixion et la résurrection du Christ que l’on voit apparaître les premières communautés chrétiennes autour d’un berger pour partager leurs biens, le pain et le vin et des prières et une croyance commune.

Notre Église est née de ces petits groupes par la réunion des « Pères de l’Eglise » ! ( Ce que dis là est un raccourci car je me vois pas faire un cours complet sur la fédération de ces groupes en une entité commune sous l’égide de Rome et de Constantinople.)

L’Église est constitués d’hommes plus ou moins avertis, plus ou moins sincères, plus ou moins généreux, crédules ou septiques, faibles ou forts au sein de conflits d’intérêts, d’incroyables imbroglios politiques et de pouvoir !!!

Faut-il toujours tirer sur le Pianiste pour les immenses erreurs du passé, les croisades, les guerres de religion, pire l’inquisition ? Dieu n’a jamais été le maître d’œuvre de cela, ce sont des interprétations humaines qui ont conduit à de tels abus.

N’accusons pas les autres des froideurs qui habitent nos cœurs même si nous connaissons des réalités bien décevantes ! Nous sommes nous-mêmes pécheurs...en pensée en parole et par action !!!!

DIEU EST CE QUE LES HOMMES ET LES EGLISES EN FONT !

Si l’on veut bien admettre, même à priori que Dieu EST, qu’il a crée l’homme à son image, et que l’on accepte de ne pas le ramener à nos faiblesses autrement dit à notre humanité, nous devons le placer au-dessus des concepts matériels et j’en suis convaincue l’aborder selon notre ressenti.

Il y a les courants théologiques, le dogme qui tentent d’expliquer son mystère par le truchement de l’Eglise prise au sens de communauté humaine de pensée, à laquelle je fais grâce de s’être penchée sur le sujet depuis pas mal de siècles sans pour autant avoir pu donner une représentation incontestable de son ETRE au fil du temps et de nos avancées scientifiques.

Il y a nous, en tant que personnalité humaine, individu libre de pensées dont l’approche personnelle peut varier encore selon sa culture, son époque, sa situation individuelle, son environnement et surtout sa sensibilité.

Alors, bien évidemment, de façon le plus souvent très arrangeante on lui prête des acceptations, des condamnation invérifiables ou auto adaptées suivant les défilement séculaire des cultures, agraires, pastorales, industrielles suivant le degré d’évolution.

Notre meilleur ami, aumônier militaire dans les plus grandes écoles de France, à la retraite, mon épouse catéchiste sous sa houlette, se plaisait à expliquer à ses élèves comme à ses « subordonnés » qu’il fallait toujours tout replacer dans son contexte historique et politique du moment.

J’ai eu la chance aussi d’entretenir une relation amicale avec le Pasteur Doucé auquel je dois un apaisement indéniable sur ma condition transsexuelle, j’y reviendrai longuement.

Les commandements de Moïse s’adressaient à une population de culture pastorale suivant les us et coutumes de cette époque.

Napoléon Bonaparte n’était pas encore passé par là pour édifier tous les codes régissant les rapports des hommes entre eux et avec les institutions républicaines de l’Etat quand, il y a bien des lustres, Moïse offrait à l’humanité balbutiante une sorte de traité de bonne conduite destiné à discipliner autant que faire ce peut les rapports d’une société composée avant tout d’éleveurs entre eux, dont les pratiques sociales et cultuelles nous effareraient aujourd’hui !

Je ne citerai à titre d’exemple que quelques usages du genre polygamie généralisée, inceste, pédérastie reconnue, homosexualités dégradantes (parce qu’imposées) zoophilies diverses, cocufiages en tous genres, pratiques cultuelles païennes contenant notamment la castration pour les officiants, transformations en eunuques et vestimentaires opposés au sexe d’origine !!!!!!!

Il y en a d’autres mais je suis pas là pour exposer toutes les perversités de l’humanité souffrante.

J’ai longtemps butté sur les commandements édictés par Moïse au pied du Sinaï :

« Tu ne porteras pas les habits de l’autre sexe ! »

« Celui qui devient eunuque est une aberration pour le Seigneur, notre Dieu....n’entrera pas en paradis. »

SVP, ramenons tout à la juste réalité de cette époque confuse ou de nombreuses pratiques religieuse païennes conduisaient à des excès dégradants pour l’homme.

Des hommes normalement constitués étaient castrés contre leur gré pour pouvoir officier dans des offices à la gloire de divinités perverses au seul service du sexe et de croyances indignes.

Rappelons également que dans le cadre de la punition de Sodome et Gomorrhe ce n’est pas tant la sodomie par elle même qui est condamnée mais encore et toujours une foule de pratiques dégradantes contre la volonté de ceux qui les subissaient.

Dans tous ces cas, Dieu s’élève principalement contre des actes commis contre la volonté d’un individu libre et qui touchent à son intégrité.

Tous nos amis homosexuels, nombre d’amies travesties, transsexuelles ont une notion enrichissante du don de soi, fut-il par la pratique d’une sodomie librement consentie, gérée avec tendresse, conviction et respect.

Dans cette conjoncture, c’est un merveilleux acte d’amour qui n’a rien à voir avec un viol !!!

Pour ce qui est du port du vêtement de l’autre sexe, il faut revenir à la place de la femme à l’époque, qui perdure encore aujourd’hui chez certains intégristes religieux, la ramènent à un état d’individu impur ou de sous classe, n’ayant qu’un rôle reproductif au sein de la société, propriété absolue d’un autre individu !

Les femmes n’ayant pas de droits, des hommes étaient appelés à jouer le rôle de la femme , encore et toujours dans certaines pratiques souvent réductrices, ce qui ne pouvait qu’être condamné par un esprit d’égalité et d’amour.

Quand mon ami Thierry, de l’Église MCC reviendra de vacances, je me ferai un plaisir de lui demander de vous relater quelques passages du nouveau testament sur le comportement de Jésus face à des situations précises concernant des eunuques. »

De très belles histoires, je vous l’assure qui démontrent bien la non condamnation du Christ dans ce que je crois être le fleuron de la foi : la compassion !

Je ne vous cache pas que j’ai eu à lutter aussi pendant longtemps contre ce sentiment de culpabilité grave...seulement d’être et j’y suis enfin parvenue !

Ainsi je peux vivre ma Transsexualité sereinement dans la foi et la pratique principale de son fondement, dans l’amour des autres.

De quelques siècles avant Jésus Christ à notre deuxième millénaire, il s’est écoulé pas mal de lustres qui nous imposent de sortir du mot à mot de ces commandements justifiés pour l’époque et devenus caduques pour notre vingt en unième siècle !

« Je suis athée ! Je suis contre l’église qui condamne la pilule, le préservatif, l’homosexualité et sous entendu la Transsexualité, contre l’avortement, contre le divorce.....je rajoute : (la liste est longue jusqu’au mariage des prêtres) ! »

Je ne pense pas que brandir sa condition de athée soit un titre honorifique justifiant d’une bonne place dans la société pas plus d’ailleurs qu’êtres croyante en englobant autant musulman, juif, chrétien, bouddhiste et autres. Nous sommes dans un état laïque et le choix religieux reste strictement individuel.

Être athée ou chrétienne, n’est pas non plus un gage de bonne conduite sociale et personnelle.

Le tout étant de savoir ce que l’on fait ou ne fait pas de sa croyance ou de sa non foi !

Mon beau-père était athée mais il a laissé ma belle-mère, chrétienne élever les enfants dans la foi et je me permet de penser qu’il a une aussi bonne place en paradis que bien de chrétiens patentés, étiquetés, labellisés, en surface aux vues de tous, pas toujours dans leurs comportements.

Récemment, notre Pape Jean Paul II est décédé ! J’ai été profondément bouleversée parce que je considère que c’était l’un des plus grands humanistes que j’ai connu de mon vivant, avec probablement mère Thérésa et l’Abbé Pierre !

Pourtant si cet homme de bien a réalisé le plus extraordinaire consensus eucuménique de tous les temps, certaines de ses prises de positions apparaissent comme choquantes ou rétrogrades.

J’ai déjà écrit sur le moment : « Que pouvait-il faire ? »

Le Pape est tout à la fois le représentant de Dieu sur terre et le chef (EXÉCUTIF) de L’Église des hommes !

Quand on connaît le pouvoir d’inertie de l’Église Catholique Romaine et à plus forte raison des Églises d’Orient, on ne doit plus s’étonner !

Ce n’est pas Dieu qui bloque mais les hautes sphères décideuses de l’Église !

Pourtant nous venons de voir une série de souverains pontifes qui ont largement contribué à faire avancer les choses.

Moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant l’appréciation portée sur telle ou telle situation par une groupe d’hommes constitués en Église (ils ne restent que des hommes) que ce que je ressens de juste au fond de mon âme, le regard que je pose sur le mariage des prêtres, l’avortement, l’homosexualité et à plus forte raison sur ma transsexualité !

Il y a dans toutes les situations une analyse contradictoire à faire entre le pratique spirituel, social avec l’appel personnel ressenti en toute légitimité parce que le plus souvent la volonté ne nous appartient pas !

« Je n’ai pas voulu être transsexuelle ! Je le subis ! »

Alors bien entendu, il y aurait un plaisir certain à voir une approbation de l’Église, ne serait ce que pour soulager sa propre conscience de façon pratique, morale et efficace dans les décisions à venir !

C’est à ce niveau précis que l’on retrouve la liberté d’action individuelle face à un certain nombre de préceptes plus ou moins dérangeants et qu’il appartient à un croyant, une croyante de mettre sa foi, en application dans ses actes de tous les jours.

Ce n’est pas tant le fait d’annoncer qu’on a la foi qui importe que de la vivre dans sa réalité dans tous ses comportement face aux individus et probablement de manière la plus significative face aux contradicteurs.

S’abriter derrière son appellation volontairement tonitruante de athée n’est pas non plus la solution pour se démarquer de ses devoirs humains envers les autres ! Dieu offre à tous les homme la capacité de l’entendre et recevoir la sagesse qui lui est nécessaire et indispensable, croyants où non, dans son relationnel avec lui et avec les autres.

Permettez moi d’illustrer mon propos par une parabole assez explicite dans ce domaine que j’ai pu méditer après une des rares messes entendues cet été...pour cause de travail ! En simplifié :

« Un semeur répands sur son champ la semence pour sa future récolte. Des grains tombent dans la terre meuble et poussent en donnant leur fruit ! D ‘autres tombent sur des pierres et se dessèchent sans rien produire ! »

Ainsi va notre vie à tous, selon que nos esprits sont meubles et ouverts, prêts à recevoir la sagesse que l’on veut bien entendre et écouter ou quand nos âmes encombrées durcies comme de la pierre ne peuvent accueillir le bon grain, répandu également sur tous !

Le Christ venu sur terre à délivré un message pour tous les hommes, un annonce d’une ère nouvelle, l’accomplissement de l’Alliance où la vertu première est « l’amour des hommes entre eux ! »

« Aimes les autres comme toi même ! »

« Ce que tu fais au plus petit, c’est à moi que tu le fais ! »

Certes ce n’est pas évident quand on voit se déchaîner autant de violence que cet été !

Mais il y a là le fondement principal de notre foi chrétienne !

Notre amour, notre compassion envers les autres, que nous soyons croyants ou pas monte directement vers Dieu et celui où celle qui vit cela au quotidien est un enfant de Dieu, une terre meuble qui reçoit le bon grain, autrement dit la sagesse de ses choix !

C’est ce que j’essaye d’appliquer dans ma vie, en obtenant de temps à autres des réponses précises à mes choix de vie. Des exemples ?

Au moins un en tous cas, assez explicite :

« Ce printemps, avec mon épouse nous devions nous rendre au baptême d’un neveu qui devait se dérouler à l’issue d’une messe. Je ne suis pas une grande adepte des offices, préférant prier dans l’intimité, dans le calme et le silence, souvent en des lieux privilégiés éloignés de la grande foule. Je venais juste d’obtenir tous mes feux verts dans mon protocole et depuis quelque temps je méditais ce que j’allais pouvoir faire de constructif dans ma nouvelle vie de femme. Mes pensées allaient d’une manière générale dans le sens de dire que je devais me mettre au service de mes frères et sœurs inter-genres. J’allai donc à cette messe avec mon épouse, ce qui n’était absolument pas du tout prémédité et je vous assure que je ne connaissais rien du planning semainier de la liturgie de la parole ! Lecture de l’Évangile : L’envoi des apôtres en mission au service de leurs frères... de l’humanité !

Pouvait-il y avoir de réponse plus claire à mes interrogations ?

Je suis allée instantanément communier, acte que je n’avais plus fait depuis 20 ans, et je profite de mes rares temps libres cet été pour écrire cet article, en espérant toucher quelques personnes plutôt dubitatives, indécises et pourquoi pas, le fin du fin, quelques réticentes ! »

ÊTRE CHRÉTIENNE AUJOURD’HUI, c’est aller au delà du DOLORISME de la CROIX, tout en acceptant d’en porter sa part avec le CHRIST !!!!

Si l’on se réfère au seul contexte historique de la Passion du Christ, l’événement ne serait qu’un simple fait divers pour l’époque, un épisode terrifiant pour nous aujourd’hui dans notre culture actuelle.

Dans une situation géopolitique déjà très tendue entre Romains et Juifs, voilà qu’un homme jeune, prêchant la non violence et l’amour des autres, le pardon à ses ennemis, sème le trouble dans les esprits d’une population qui interprète mal son ministère, et une caste dirigeante qui le ressens comme un danger réel !

Jésus, lors de sa montée triomphale à Jérusalem, n’est pas vu comme le fils de Dieu venu délivrer une nouvelle Alliance du Tout Puissant avec les hommes, mais comme un Messie politique venu libérer le peuple juifs du joug des Romains.

Là, les enjeux de pouvoirs s’entrechoquent pour déboucher sur une situation de crise au niveau de l’intérêt général et commun de faire disparaître un agitateur !

Même si Ponce Pilate, l’administrateur romain de cette province ne voit aucun intérêt humain à supprimer Jésus, il n’en est pas moins assujetti à sa fonction et dans l’intérêt d’une « Paix Romaine » chancelante se voit contraint d’accéder à la requête des Autorités Religieuses juives de l’époque, avec un Roi Hérode plongé dans la plus totale perversion, incapable de gérer quoi que ce soit.

Précisons que nos dirigeants chrétiens ont réussi à faire mieux lors de l’inquisition ou des guerres de religions.

Toujours est-il qu’une fois de plus la situation est tournée directement dans le sens de marquer les esprits ! Des crucifixions, il y en avait tous les jours ! C’était un supplice....excusez-moi... commun !

Ce qui l’est moins, c’est que tout à coup l’éthique de l’époque dérape pour prendre des proportions inhabituelles. Les Romains n’infligeaient alors qu’un seul supplice de mise à mort et dans la majeure partie des cas, contrairement à l’idée reçue avaient le respect des suppliciés bien que les méthodes fussent particulièrement barbares

Voilà donc le christ soumis à la flagellation, soumis à la dérision de quelques soudards de la garnison avec notamment la couronne d’épines, symbole d’une royauté déchue, cloué au bois de la croix avec une rare cruauté. Si l’on veut bien admettre que Jésus était réellement le fils de Dieu, qu’il aurait pu aisément briser toutes ses chaînes et refuser « La coupe à boire » et se libérer par son pouvoir divin, il reste à méditer de toute son âme la notion extrême du « librement consenti »

On le redit toutes les fois à la messe : « En entrant librement dans sa passion..... »

Qui d’entre nous pourrait subir le sacrifice ultime dans de telles souffrances simplement par amour des autres et PARDONNER au fur et à mesure ses bourreaux ?

« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

Après un tel sacrifice puis-je, moi, dans toutes mes imperfections, tirer gloriole de porter de temps en temps la souffrance de quelques amies connues, tout en ne m’engageant pas à souffrir une seule parcelle de leur souffrance dans mon corps ?

Je porte une croix légère et Lui-même m’aide, en plus à la porter, quand il a TRAÎNE la sienne, seul !

Ce qui ne veut pas dire que face à un tel obstacle, il faille renoncer, non plus que fanfaronner en sautant d’un pied sur l’autre en signe de facilité.

FACE A LA DÉSESPÉRANCE DE NOTRE SOCIÉTÉ ACTUELLE :

« Tu ne peux pas savoir, ma chérie, à quel point je me suis fait plaisir !!!!!! »

En sommes nous arrivés à un tel point de solitude au milieu des autres que nous éprouvions plutôt collectivement le besoin de ne compter sur nous mêmes dans le besoin d’éprouver du plaisir et je mesure le nombre de choses simples et gratuites qui sont galvaudées quand elles pourraient être une source naturelle de joies et de partages ?

Combien d’entre nous voient encore la beauté de la création en dehors du regard de gens passionnés comme Nicolas Hulot par exemple, ce qui est louable, mais qui apporte ces merveilles sans efforts sur un plateau dans la petite lucarne. S’extasier sur les richesses de la terre à des milliers de kilomètres de chez nous c’est bien, voit-on seulement le petit paysage accroche cœur du coin de la rue, l’extrême vitalité de deux chats qui jouent ensembles, entendons nous les trilles sonores d’un oiseau sur une branche du jardin, remarquons nous le geste rare d’un passant qui aide à se relever celui qui a trébuché ?

C’est vrai, il y a de nombreux endroits où cet environnement n’existe pas, et où l’on ne rencontre que (des fleurs de bétons cousues au revers d’un promoteur avide et cupide)

Quel avenir pour des jeunes de banlieue qui poussent comme de la mauvaise herbe entre quatre murailles de béton ?

Dimanche matin, la télévision (pour une fois) est venue me rappeler que nous avions dégluti sans peine les quinze mille morts prématurés de la canicule d’il y a 3 ans.

Les hauts responsables passent ce tragique épisode sous silence au profit de leur électivité, les enfants se consolent trop souvent de ne plus avoir une responsabilité à charge et pour endormir la conscience restante du grand public on effectue quelques rapiéçages d’une inefficacité redoutable !

Dans tous les cas, presque plus personne ne se pose la question éthique de savoir pourquoi nous en sommes arrivés là et où se situent les parts de responsabilités dans une catastrophe humanitaire qui prend sa source dans l’indifférence générale.

Plus de 15000 départs avancés de quelques mois (on entend dire seulement !).

On suggère que 5000 auraient été plus dans la normalité, ce à quoi je réponds qu’un seule mort ainsi prématuré est un départ de trop !

Ce qui pose bien sur la question de savoir quand et comment nous partirons à la rencontre des laissés pour compte de la vie : Les vieux, les jeunes, les handicapés, les malades, les pauvres mais aussi les minorités qui souffrent dans leur âme leur différence de couleur de peau, leur appartenance à une minorité sexuelle ou de genre !

Difficile certes car le seul fait d’exister devient de nos jours une agression pour l’autre qui ne supporte pas votre seul voisinage.

Être chrétien, chrétienne, j’ai la certitude que c’est sortir de cette médiocrité intellectuelle pour aller à la rencontre des autres !!!!!!

CHRÉTIENNE DANS MA VIE :

Pour moi, ça veut simplement dire me placer avec humilité dans ma position de chrétienne et offrir le peu que je sais offrir.

J’ai le contact facile et la fortune d’avoir reçu une bonne éducation

J’ai la chance d’avoir acquit le don de pouvoir écrire un peu lisiblement, je l’exploite simplement au service de mes ami (es) !

Ma foi est comme une manne tombée du ciel dont je me nourris spirituellement, elle est un Don de Dieu par l’Esprit Saint, qui me permet de donner de la sagesse à mes raisonnements, de l’intelligence à mes prises de décisions.

Quand je pose des questions, je n’ai pas forcément la réaction que j’attends mais si je me mets à l’écoute humblement sans parti pris, j’ai la réponse au plan d’amour de Dieu sur moi, plan que je ne connais pas mais qui se laisse entrevoir au fil des messages reçus.

Être profondément chrétienne ne veut surtout pas dire se cacher derrière ses lâchetés mais avoir le courage et la confiance, pas toujours facile, de porter sa croix, non plus comme un symbole de souffrance mais comme un don fait à d’autres hommes, par simple amour de leur existence !

Ça veut dire être sensible à la peine d’un(e) autre, solidaire d’une épreuve, partager avec elle ou lui les formidables espérances d’un lendemain dans le genre espéré, porter la peur de l’opérations avec celle qui tremble avant le grand saut, bannir un numéro de sécurité sociale inversé...Être au cœur de tout ce qui pourra se faire pour la reconnaissance de ce que nous sommes, physiquement, socialement, moralement et professionnellement.

Maintenant que je ressens mon esprit libre d’être, que je ne culpabilise plus de mon simple état de transsexuelle, que j’assume sereinement ma translation, finalement apaisée, je peux enfin me laisser aller à l’esprit de mission qui est en moi :

Celui d’aller vers les autres pour rappeler aux chrétiennes que Dieu ne les condamne pas, au contraire « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour ceux qui souffrent » Jésus !

Et aux non chrétiennes que Dieu est Amour et qu’il les accueille franchement comme ses enfants...Il suffit de s’ouvrir simplement un peu à lui pour l’entendre.

Je ne serais pas complète dans ces écrits spirituels si je ne revenais pas à ma réalité de tous les jours qui est exprimée longuement dans les paroles du Christ :

« Ce que Dieu a uni sur terre ,.... nul ne peut le délier sur cette terre... »

Un jour d’avril 1971, devant Dieu et devant les hommes, Colette et moi, nous nous sommes unis ! Mariés !

Personne ne nous a forcé, nous l’avons fait parce que nous le voulions, parce que nous y croyions !

Je l’ai réalisé parce que je pensais avoir vaincu la femme qui était en moi et je lui ai offert ma vie d’homme avec toutes les ratées de genre qu’elle a pu comporter, je lui ai donné nos enfants parce qu’elle était mère de toute son âme en pleurant quelquefois....souvent, de n’avoir pu être à sa place.

J’ai été aussi, hélas, infidèle parce que Michèle réclamait son du de plaisir personnel, j’ai connu des aventures sans lendemain, sans gloire, sans foi ! Quand Dieu encore venu me chercher dans mes errances par le truchement d’un grand Amour Amitié qui m’a remis dans le droit chemin ! *

Celui de ma fidélité et de ma foi retrouvée !

Patiemment nous avons tout réparé, pas à pas, mots à mots, nous avons dominé ensembles mes erreurs.

Il m’a fallu 20 ans pour reconstruire Michèle que j’avais cachée derrière Aubeline, plus extravertie, publique, 20 ans pour comprendre ensembles et accepter que j’étais une femme véritable dans mon cœur et que nous allions par amour bien au-delà de nos apparences. Jusqu’à ce que mes médecins et psys nous disent à toutes les deux :

« On ne peut pas se tromper, Michèle est réellement une femme dans son âme et nous devons l’aider à le devenir dans son corps ! »

Il s’est écoulé plus de 20 ans entre la jeune Michèle, volage, soucieuse de son attrait pour les autres et la femme mure d’aujourd’hui, infiniment plus calme et sereine, confiante dans la vie.

Je sais que Dieu m’a donné le temps de la sagesse pour préserver cet être essentiel inséparable que nous sommes, un couple uni en lui dans un sacrement librement consenti ; et dans la corbeille de notre union, Il a déposé la compréhension de nos cœurs pour pouvoir vivre ensembles plus loin que nos chairs....là ou il n’y a plus que deux êtres qui s’aiment bien au-delà de la complication des genres.

C’est devenu une de mes plus belle raisons de vivre !

A part ça, j’ai toujours les pieds sur terre, je travaille, je me concentre sur mes nouveaux objectifs de vie, j’essaye avec mes faiblesses d’appliquer ma chrétienté dans mes actes de tous les jours à l’égard des gens connus dans ma vie courante ou la clientèle de passage sur mon site de travail.

L’été se finit ! En cette première semaine de septembre, j’achève mes écrits de ces deux mois. Je suis physiquement épuisée par le nombre d’heures de travail fournies dans mon métier cette saison mais au fond je suis heureuse !!!

J’ai oeuvré journellement avec de très nombreux jeunes et délivré au sein de ma pédagogie une infinité de messages de paix !

Ils m’ont obligé à garder un esprit jeune et ouvert ! Pratique pour la vie de tous les jours !

J’ai pu aussi vous parler à cœur ouvert, dans cet article comme dans quelques autres.

Beaucoup m’ont écrit personnellement et je vous en remercie !

Ce dimanche 5 septembre 2005, quelques heures avant de mettre en ligne, ce matin à la messe, j’ai eu la confirmation que ce que j’ai écrit n’était pas vain et que s’il y avait une conclusion à tirer de toutes ses phrases alignées elle se résumerait par les propos du prêtre dans son homélie :

« C’est notre manque de fraternité, toutes nos condamnations des différences, nos oublis des exclus de la vie qui ferment les portes de nos Églises à celles et ceux qui voudraient bien y entrer !

Ouvrons les de tous leurs ventaux, l’Amour est assez grand pour tous les accueillir !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

Je pense n’avoir écrit rien de moins ! Rien de plus !

Michèle (le 5 septembre 2005) * L’Homme de Verre, Chapitre : Une journée dans une vie.