La SECU freine les prises en charge.
11 février 2006 Le Collectif
La multiplications des refus de prise en charge par la sécu atteint le seuil d’alerte.
Nous entrons, ici, directement au cœur de nos engagements au service de notre communauté Transidentitaire :
Isoler une difficulté, en qualifier les conséquences sur l’ensemble de notre environnement, quantifier les cas, informer tout à la fois notre groupe et les interlocuteurs spécialisés, proposer un dialogue constructif entre les diverses parties pour commencer.
Ensuite, évidemment nous pouvons durcir le ton en restant malgré tout respectueux de tous les protagonistes du désaccord.
Dans ce cas précis, en dehors de la querelle stérile de personne, je ne vois guère ce qui pourrait empêcher un consensus assez généralisé dans la mesure où nous nous attaquons à un problème réel qui engendre des situations dramatiques pour certaines d’entre nous.
Il est possible que nous divergions sur la méthode, ça peut se comprendre selon les idéaux de chacun(e), imaginons pour les gens plus activistes que nous, que le dialogue soit une étape vers une expression plus extrême de la revendication, mais en donnant une raison d’être à la diplomatie, ce qui ne me semble pas trop demander.
Les difficultés rencontrées avec la « SECU » sont réelles, appartiennent à une forme de tracasserie administrative dangereuse parce que cela influe sur tous les compartiments de la vie depuis le moral jusqu’aux aspects pratiques journaliers, représente une atteinte à l’égalité des chances citoyennes pour l’intégration sociale.
La proposition d’aujourd’hui est sociale, pratique, égalitaire et fraternelle.
Les ennuis des unes servant de moteur à un regroupement général, représentant une union autour d’une récrimination justifiée par une ségrégation de fait, à l’encontre de notre communauté.
Beaucoup, suivant un taux anormalement élevé, se sont vu(e)s refuser des prises en charges pourtant traditionnelles dans nos traitements sous toutes sortes de prétextes plus ou moins farfelus, de mauvaise foi surtout.
Il est de notoriété publique que nos dirigeants, sous prétexte de réduire un trou qu’ils creusent eux-mêmes par des mesures inappropriées, ont transformé une admirable idée sociale collective de nos aïeux en simple affaire de rentabilité et de gros sous ! C’est une aberration !
Comme toujours en pareil cas, la faim justifie les moyens et on peut voir désormais des groupes sociaux entiers laissés pour compte au profit d’autres en créant et appliquant des directives inégalitaires.
De là, à accuser les Transsexuelles du trou de la sécu, ce qui a déjà été écrit dans un livre dicté par des mouvements extrémistes à une actrice bien connue, il n’y a qu’un pas.
Qui a été franchi, semble-t-il !
Nous ne sommes plus très loin d’une sorte de solution finale à la B. qui consisterait à traiter les transsexuelles avec un insecticide qui aurait la propriété de faire changer les grenouilles sexe !
Pauvres batraciens auxquels on apporte une difficulté supplémentaire à la prédation naturelle qui les dissémine !
Je persifle et je frémis en écrivant cela !
Il semblerait que les décideurs sachent bien exploiter l’insensibilité humaine de certains agents pour abattre sans ménagement les espérances de bien des gens dans une simple recherche d’intégration sociale.
Permettez que je vous expose juste deux ou trois cas significatifs pour illustrer le problème.
Une de nos amies s’est vue refuser son opération en Belgique malgré un dossier en béton, œuvre de plusieurs années.
C’est nier la désespérance opératoire française qui aligne un nombre d’échecs fracassant qui font actuellement s’expatrier en Thaïlande la majorité des candidates à la conversion sexuelle. Le plus souvent de leurs propres deniers ce qui est bien arrangeant pour faire des économies !
Une petite note d’espérance avec la nouvelle chirurgien qui opère depuis peu à Marseille
De plus c’est nier l’Europe, les réglementations que je vous expliquerai dans juridique, la coopération médicale qui existe entre les états dont certains comme la Belgique, précisément, disposent d’accords avec nos régimes sociaux.
Une de nos consoeurs est moralement au tapis ! Merci la SECU !
Une autre de nos amies, précisons qu’elle n’est pas la seule dans ce cas a vu son dossier égaré ! Par qui ? Entre où et où ?
Que penser d’une administration qui ne disposant pas des informations réelles sur les spécificités trans. ne tente d’ailleurs pas de s’informer pour créer un circuit utile, se renvoie les dossiers de services en services....au point de ne plus savoir où ils sont !
Les années passent, notre consoeur voit fuir le temps et les attentes légitimes de son protocole.
Nous connaissons les équipes du Lyonnais, ce ne sont pas des hurluberlus mais des praticiens reconnus comme sérieux et engagés ! C’est une atteinte à leur compétence !
Merci, encore la sécu !
Je donne un troisième cas, le mien qui regroupe divers autres sur une même personne.
J’ai suivi et suis encore un protocole officiel avec des praticiens qui ont tous été soucieux du respect de ma personnalité. Je suis une personne déterminée mais somme toutes assez docile en acceptant des contraintes que je ne comprends pas toujours mais je m’exécute sans trop d’états d’âme en envisageant un tout futur dialogue pour tenter de moderniser les cheminements.
J’ai déposé des ententes préalables de mes chirurgiens, il y a plus de trois mois !
Trois mois après, sur insistance locale, la hiérarchie, on ne sais pas qui, répond par une demande d’expertise contradictoire qui vire au grand guignol sous la mauvaise fois d’une contradictrice capable de s’appuyer sur de fausses affirmations pour mettre à mal les objectifs avérés de ces opérations. D’abord, pour ce genre d’exercice il faudrait que la patiente soit assistée du praticien ayant délivré l’acte car on entre plus dans le charabia administratif médical que de regarder la personne.
La dite mascarade d’expertise doit retourner à qui de droit qui prendra encore plusieurs mois pour décider, seul, en toute conscience, suivant l’humeur du moment ou son niveau personnel de transphobie.
Le praticien est bafoué parce qu’on ne cherche même pas à comprendre son intention (on ne le reçoit pas), le ou la patiente jugé comme quantité négligeable sur laquelle on peut économiser sous de faux prétextes.
Avec en toile de fond un irrespect humain révoltant concernant les délais d’attente et la simple chronologie pratique qui serait d’ailleurs génératrice d’économies !
Je suis fatiguée et seuls mes engagements militants me portent ! Merci la SECU.
Je n’ai cité que trois cas....il y en a des centaines !
C’est à nos yeux une cause commune nationale pour laquelle nous avons des recours, à commencer par la dénonciation de cette discrimination de fait :
Ce serait aussi une façon d’aller en ordre groupé vers un combat commun de tous les protagonistes des procédures, nos praticiens d’abord dont on ne respecte pas la véracité professionnelle de leurs actes, nous, qui ne sommes plus que des grenouilles sans âme prêtes à l’aspersion fatidique !
Voilà !
Nous vous proposons au CTE, d’élaborer un socle commun à cette revendication spécifique qui n’engage en rien les idéaux personnels et associatifs mais de s’engager dans un seul but commun d’améliorer nos conditions d’existence, ouvrir un droit à l’égalité des traitements entre nous toutes.
Principalement pour le futur de nos jeunes TS à venir.
Nous entrons dans la partie qualifier et quantifier un problème.
C’est à nous tous de jouer et vous êtes vous-même les acteurs et les actrices de cette petite portion de NOTRE avenir.
La rubrique "Enquêtes" est ouverte pour vos témoignages.
Cordialement Michèle.




