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Les questions existentialistes que tous les transidentitaires se posent ! Des discussions ! Des tentatives de réponses.

La Question qui tue (point de vue Stéphanie)

31 janvier 2006 Le Collectif


Note des administratrices : Il n’aurait pas été honnète de notre part de ne pas publier le point de vue diamétralement opposé, inlassablement exposé par notre amie Stéphanie, démon Nako

Coucou ! Bibliographie Forum des F-B

On est en (profond) désaccord ! On ne se déteste pas

Notre point d’accord : aider tout()e Trans sans s’occuper d’autre chose que de son beoin d’aide.

Notre désaccord fondamental (car de celui-là découlent tous les autres) porte sur la question de la liberté. Je refuse par principe tout contrôle, tout suivi imposé, toute surveillance, tout protocole quel qu’il soit, tout « test de féminité », bref tout rapport avec le lobby médicalo-psychiatrique* et toute pathologisation ! Etre Trans n’est ni une pathologie, ni une maladie, tout juste une différence et une façon d’être, pas si rare que ça (et appelée à se développer massivement avec les progrès de l’information et aurtout l’amélioration rapide de l’acceptation sociale).

Là où Michèle me semble se rattacher aux courants essentialistes (ceux qui croient à une « nature féminine » innée, point de vue assez rigolo de la part de mâles biologiques !!!) c’est en disant : « J’avais secrêtement espéré [...] qu’en coupant certaines choses tu nous reviendrait pacifiée, la virulence de certains individus se situant dans certaines boules.... restées en Thaïlande. » Au-delà de l’humour - (un peu corps de garde, mais bon : y’a des séquelles d’un passé masculin chez nous toutes, hein ? - il y a une double confusion qu’il faut lever :

1. la vaginoplastie ne change rien sur le plan du caractère et de l’histoire, mais modifie notre appareil génital et urinaire et notre équilibre hormonal (ce qui n’est pas un détail, j’en conviens) ! Cela modifiera bien plus notre sexualité concrète que notre personnalité sociale !!!

2. Je n’ai nul besoin d’être « pacifiée » car je le suis (d’ailleurs, ça se lit : la discussion avec Michèle est bien plus sereine que par le passé) mais il ne faut pas confondre la personne privée (putôt cool et souriante en général) et la militante de la cause Trans, déterminée et prête à faire ce qu’il faut pour arracher respect, droits égaux et élimination du lobby médicalo-psy de notre vie !

Il ne s’agit donc pas de « récriminer » mais d’arracher nos droits comme l’ont fait avant nous le mouvement des femmes, celui des gays et des lesbiennes, etc.

Tu dis, Michèle, « Je n’aime pas la violence [...] la violence des mots, l’insulte faite directement aux personnes ». C’est pourtant exactement ce que font subir les psychiatres et l’Etat, certains employeurs aussi, à l’égard des Trans...

Tu veux « privilégier tout dialogue qui nous permettra d’avancer dans l’amélioration de notre condition »... J’ai un long passé de négociatrice ; mais j’ai toujour appris qu’un être humain ou une structure ne négocie jamais (surtout en France !) que sur la base d’un rapport de force. Je le regrette, mais c’est ainsi. Je suis avant tout réaliste.

Reste, comme tu le dis, un point commun : « développer une action humanitaire de proximité vers lesquelle ton sens humain et pratique te guide ». C’est aussi ce que font, sur le terrain, les groupes Trans Aide, en Lorraine, en Midi-Pyrénées et ailleurs désormais.

Et vous !

Bisous

Stéphanie

* Plus je connais les Trans, plus je m’interroge : n’y-a-t-il pas en fait, chez les MtF les plus favorables à la pathologisation, un doute profond sur leur identité ? Cela expliquerait leur soumission à l’ordremédicalo-psy. Ces Trans inquiètes sur leur identité (des « secondaires » comme disent nos amis les psys !) chercheraient une VALIDATION EXTERNE (psychiatrique) d’une identité Trans dont elles doutent inconsciemment...