La Question qui tue. Michèle, opiniatre !
31 janvier 2006 Le Collectif
Note de l’auteur, administratrice : Ne pas chercher à lire entre les lignes, je ne cache rien. Je veux juste jeter une petite pierre dans la mare aux canards. J’aime disserter ! Le sujet me passionne ! Je le vis avec mon âme...La plume exprime.
Bibliographie : Le forum des F-B
Désolée, c’est un peu long, je vous fais part en primeure d’un article que je dois mettre sur mon site qui est dans l’esprit immédiat de notre discussion
Je ne suis pas malade !
Si toutes les femmes de la création étaient endémiquement souffrantes de leur genre, je pense que ça se saurait .
J’en suis une, je vis avec une et deux sont le prolongement d’une union fructueuse.
Aucune d’entre nous ne présente les signes d’une certaine forme de dégénérescence mentale ou physique, quoi que nous ne rajeunissions pas.
Les machos nous font souvent un procès d’inconstance, mais c’est avant tout pour se cacher derrière un grand nombre de défauts inavouables, non dits. Les hommes sont terriblement cruels pour les déformations qu’ils ne se voient pas, autrement dit, presque toutes.
Là n’est pas mon propos, le monde tourne ainsi depuis qu’il est monde et les embellissements de la culture ne font qu’aggraver la mauvaise foi ambiante.
Je suis une femme qui plus est une femme pas malade, ce qui revêt une importance capitale quand on apprend que je ne suis pas née sous les traits et apparences d’une femme mais d’un beau petit garçon vagissant dans un berceau !
Si on se base sur la terminologie binaire sociale selon la culture européenne du moment, je ne suis pas plus de sexe male que féminin mais on me classe dans certaines erreurs que peut produire la nature dans sorte de voie de garage intergenre pour ne pas dire intersexuée.
N’étant ni male ni encore femelle dans des apparences males, je deviens donc un sujet douteux, difficilement fréquentable, échappé d’une fête foraine où l’on exhibait les pauvres créatures physiquement hors norme.
Pour Madame et Monsieur Dupont, solidement installés dans des conventions sociales bien définies je ne peux être que : Malade parce que je suis Transidentitaire !
Il ont le beau rôle de soutenir ce raisonnement, puisque la science d’aujourd’hui n’a toujours pas fait la preuve d’une vrai pathologie et peine gravement à trouver les causes de cet étrange transfert d’un genre vers l’autre. Tant est si bien que nos praticiens travaillent sur les effets visibles pour nous accorder le sacro saint droit médical de transiter d’un état vers l’autre jusqu’à l’encontre des loi de notre pays.
Pardonnez moi, mes praticiens de souligner ce que je nomme : La Contradiction Totale !
Sincèrement, je pense que le système de l’aide apportée aux Trans., qui est louable et courageux pour qui le fait dans la sincérité, subit la perversion des analyses sociales du moment.
J’ai donc entendu, de la part de spécialiste différents, sensiblement le même propos :
« Le sujet ne nous semble pas atteint de pathologies de niveau psychiatrique en dehors d’une problématique de l’identité sexuelle ! »
Ouf ! Je ne souffre pas de pathologies psychiatriques !
Je m’empresse de souligner la formidable avancée de ces praticiens qui développent prudemment une idée de problématique qui sort du schéma traditionnel des maladies mentales.
Le transsexualisme deviendrait donc une problématique, ce que je reconnais humblement parce que ça ne m’a pas simplifié la vie, de l’identité sexuelle !
J’admets que j’aurais mieux aimé « de l’identité du genre » mais après cette formidable lucidité, je serais ingrate de me formaliser : nous n’avons pas parlé de pathologie Transsexuelle.
Dans une simple analyse de texte du genre de celles qu’on fait en sixième je déduis que je n’ai pas de maladies psychiatriques invalidantes pour mon droit social, je suis déclarée un individu sain avec une problématique d’accord entre le corps et l’esprit.
Je ne suis pas malade...Ceci dit que va-t-on pouvoir faire de moi ? On retrouve la question qui tue M’engager dans un processus médicoadministratif pour me donner les autorisations sociales pour devenir physiquement la femme saine d’esprit qu’on me reconnaît moralement !
Et là, on entre dans la fausseté institutionnelle qui réglemente la nécessité d’être malade pour bénéficier de la prise en charge des soins nécessaires en jonglant arbitrairement entre esthétisme et correction physique.
Je dois être forcément malade parce que si je ne suis pas malade, mes soins relèvent de l’esthétique qui n’est pas remboursée sauf dans quelques cas précis et sauvagement encadrés.
J’en conclus personnellement que nos praticiens ne sont pas plus responsables que nous de ce qui part à Volo dans un système de santé en pleine régression, qui ne raisonne plus en termes de santé humaine mais seulement dans une affaire de sous, et qui impose un carcan administratif aux évolutions qui pourraient se faire.
Je note au passage l’irrespect de l’administration pour la compétence médicale du praticien prescripteur en allant de plus en plus souvent à l’encontre des ordonnances délivrées, comme si le tandem patient/praticien devenait l’immonde bête vorace qui n’en veut plus qu’aux sous de la société.
Pendant ce temps, on élude les vrais questions, la question qui tue d’Anne Gaëlle, les inquiétudes fondées bien formulées par Marine, le fameux consensus mis en page par Isabelle qui dit en substance que notre petit monde attend comme préalable la dépathologisation de la question Trans.
Je ne suis pas malade ! Certes ! Mais alors comment faire pour bénéficier des avantages de la prise en charge sociale qui nous classe dans le cadre des maladies psychiatriques avec toutes les conséquences morales, sociales et juridiques que cela comporte ?
L’affectation médicale existe : C’est la chirurgie et la médecine réparatrice !
Celle qu’on utilise justement pour qu’un sujet sains d’esprit ne devienne pas malade mental parce que les différences corporelles de naissance ou accidentelles peuvent lui faire perdre la raison !
Personne plus ne nie aujourd’hui l’importance du paraître dans l’intégration sociale d’un individu, ce n’est pas ce qui se fait de mieux mais c’est une évidence !
Bien évidemment, on pourrait ainsi entendre un autre langage infiniment moins réducteur lié à la vrai démarche.
« Le ou la patient(e) « untel » parfaitement sain(e) d’esprit, assumant de plein droit médical la responsabilité de ses actes présente un cas de transsexualisme avéré ! Les praticiens comportementalistes et plasticiens soumettent une liste des médications et interventions de mise en conformité physique nécessaires pour l’épanouissement psychologique de la personne. » Il en découle bien entendu une automaticité des procédures de changement d’identité dans une reconnaissance nationale de l’identité du genre pour les sujets intergenres.
Enfin, j’existe !
Je suis moi, pour moi d’abord pour enfin m’accepter dans mon esprit et dans mon corps, avec les autres ensuite qui ne me voient plus avec la "curiosité" qui tue !
Rêve ou utopie ?
Ni l’un, ni l’autre !
Seuls deux écueils de mentalité s’y opposent !
L’harmonisation nationale des procédures par des responsables de parcours qui partagent une même idée.
Une volonté politique de restaurer la dignité à toutes les couches sociales, de prise en compte des différences de chacun dans une société plus égalitaire.
On n’en prends hélas pas le chemin ! Au contraire, malheureusement.
Michèle.




