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Les questions existentialistes que tous les transidentitaires se posent ! Des discussions ! Des tentatives de réponses.

La Question qui tue. Par Marine.

31 janvier 2006 Le Collectif


Note des administratrice : Une telle question en appelle d’autres que pose judicieusement Marine.

Anne-Gaëlle tu poses une question d’importance. bibliographie le de forum des F-G

Effectivement comment obtenir une déclassification de la transsidentité des pathologies mentales sans risquer de perdre une prise en charge. Est-ce pour autant qu’il ne faut rien faire et se complaire de cette situation ou devons nous essayer justement de trouver une solution acceptable.

Evidemment on peut totalement relativiser comme toi ou Paula le faites. Ce n’est que du bureaucratisme et ce qui compte c’est que nous savons nous qui nous sommes. C’est une solution, surtout si tout se passe réellement bien et si vous avez la chance d’effectuer un parcours sans embûche.

Pour ma part ça ne me convient pas. Je ne supporte pas l’idée et je n’ai jamais pu la supporter que notre "particularité" puisse être assimilée à un trouble mental.

D’autant que ça peut permettre sous ce prétexte toutes les dérives à notre encontre. J’en ai fait les frais puisqu’on a essayé au début de mon parcours de me priver de mon droit le plus élémentaire du choix de mes praticiens (après tout il est normal de se substituer aux décisions d’une malade mentale). Imaginez toutes les dérives posssibles du psy qui peut faire durer tant que bon lui semble et devient le seul maître de nos destinée. Tant mieux si vous n’avez pas eu de soucis à ce niveau mais les cas de maltraitance morale des équipes off est aussi une réalité avec laquelle il faut compter. Il serait bon aussi d’agir pour ceux et celles qui en font les frais.

Si ça peut fonctionner comme ça déjà au niveau médical, qu’en est-il ensuite de notre citoyenneté dans la vie civil ?

Puisque vous êtes considérés comme malades mentaux par les autorités médicales, que doit penser le juge qui devra ensuite décider ou non du changement d’Etat civil.

La nécessité de pouvoir se réinsérer dans la société lui apparaitra-t-elle comme une priorité pour des personnes perçues comme atteinte mentalement (donc sans doute inapte quoiqu’il arive), ou verra-t-il plutôt la priorité comme le fait de ne pas cautionner une remise en cause d’un ordre établi qui fonctionne ?

Entre la crainte légitime de la perte d’un accès aux soins pour beaucoup d’entre nous si on veut tout changer tout de suite sans réfléchir aux conséquences ou garder et se satisfaire d’une situation dégradante pour nous (la France a un retard plus que scandaleux pour le pays des droits de l’Homme, c’est vraiment loin tout ça !)

Ne faudrait-il pas réfléchir à une solution intermédiaire acceptable pour touTEs.

Ta question ne tue pas. Elle est en effet primordiale pour beaucoup.

Par contre concernant l’op j’émet des réserves. Evidemment tout le monde n’a pas les moyens de se faire opérer à l’étranger. Mais ramenons dans les bonnes proportions. Il ne s’agit pas non plus d’acheter un puit de pétrole et l’op en Thaïlande revient au prix de l’achat d’une voiture d’occasion (en tout cas elle est moins chère que ma clio d’occase qui n’est vraiment pas une voiture d’un grand gabarit)

Il s’agit quand même de NOS vies et de l’opération D’UNE vie.

Autant tout faire pour mettre toutes les chances de son côté et ne pas risquer une op en France tant qu’on n’apas d’écho des résultats de la nouvelle chirurgienne formée en Belgique à Marseille.

Voila, je pense que ne pas accepter les solutions qui laisseraient une bonne partie d’entre nous sur le bord du chemin ne signifie pas accepter les solutions actuelles qui nous enfoncent.

Marine