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Les questions existentialistes que tous les transidentitaires se posent ! Des discussions ! Des tentatives de réponses.

La Question qui tue. Marine, au cas par cas.

1er février 2006 Le Collectif


Note des administratrices : Au centre du débat, Marine recadre un peu les questions soulevées en y apportant ses propres jugements, ce qui est le but dans un débat d’idées.

Bibliographie : Le forum des F-B

Je trouve assez intéressantes les pistes lancées par Michèle. Pourquoi ne pas imaginer un suivi sous la forme d’une ALD qui lie apparence et non-intégration dans la société. Il y a matière à réflexion et comment le proposer et le rendre légitime aux yeux des autorités médicales et de la sécu ?

Sans doute déjà en rappelant sans cesse qu’on ne décide pas d’être trans, qu’on n’a pas le choix et qu’il ne s’agit pas d’un phantasme, qu’on aurait sans doute tout donné pour ne pas avoir à être confronté aux conséquences de cette réalité.

Ensuite on en vient au terrible problème du diagnostique et tu soulèves la question des tests.

En effet comment entrer dans ce suivi et "prouver" sa transidentité.

Mais peut-on diagnostiquer une transidentité ? Seule la personne concernée le peut, le vis et le ressent. Des tests peuvent-ils révéler de façon fiable une transidentité ? J’en doute.

Ceux qui circulent sont plus souvent des tests de "blontitude" et même le fameux Cogiati n’évite pas les gros clichés sexistes de la différence H/F (pleurer devant sa télé, rattraper la baballe, savoir garer sa voiture, être à l’aise en maths...)

Tes pistes soulèvent donc d’autres questions, amènent à d’autres réflexions et le débat reste ouvert...

Si je comprend également la question primordiale posée par Anne-Gaëlle concernant la sauvegarde d’une prise en charge pour ceux et celles qui peuvent l’obtenir (n’oublions pas que touTEs ne sont pas en ALD), je ne suis pas vraiment d’accord avec ses propositions qui consistent à mon sens à "adoucir" la situation actuelle.

Je suis entièrement d’accord avec toi lorsque tu soulignes par la "question qui tue" que beaucoup risqueraient de perdre leur possibilité de suivi si on applique immédiatement une dépsychiatrisation sans réfléchir aux conséquences directes et à des alternatives. Par contre je pensais plutôt à chercher des alternatives hors de la voie psy.

Il serait contradictoire de dire "nous ne sommes pas des malades mentaux/ales" et de proposer un suivi sous contrôle psychiatrique.

Et à ton tour que ferais-tu de ceux et celles qui resteraient sur le bord du chemin car ils ne correspondraient pas aux bons "critères".

Moi je serais incapable de dire qui est trans et qui ne l’est pas.

Qui le pourrait et comment ? Cette discipline n’en est qu’à ces balbutiements (et intégrait l’homosexualité comme une pathologie mentale il y a encore peu) Comment pourrait-elle nous diagnostiquer alors que nous ne relevons pas de son domaine.

Et que fait tu aussi de ma question sur l’après, dans la vie civile, face au juge pour qui nous sommes pathologiséEs "mentaux".

Je te cite :

Citation :

Notre problème n’est pas de devoir passer par des psys, il est qu’il y a peu de psys formés, expérimentés et objectifs sur la question trans.

C’est pourquoi je pense que la revendication de "dépsychiatrisation" est absurde, non crédible et dangeureuse, en revanche nous devons demander une "meilleure psychiatisation", par des gens mieux formés.

Mais formés par qui ? Ils le seraient forcément par ceux qui s’autoproclament malhonnêtement "spécialistes" de la question.

Malhonnêtement car le transsexualisme n’est pas une spécialité psy.

Les trans devraient-ils devoir se renseigner pour savoir à quel type de psy ils s’adressent (lacaniens, essentialistes ou pas...) avant de consulter ? Et ceux moins informés devoir subir une maltraitance morale car on a institué un tel suivi ?

Je me permet d’être parano face à ce type de proposition car pourquoi les choses ne peuvent-elles pas déjà se passer de la façon la plus naturelle possible ? Faire confiance en une "bienveillance" médicale et psy me parait risqué dans la mesure où elle n’existe déjà pas pour beaucoup d’entre nous.

Il est évident que pour une telle formation de psys les autorités médicales feraient appel à ceux déjà en place.

Pouvons-nous faire confiance en des Cordier-Chiland ? Devons-nous remettre notre destinée entre les mains de gens qui écrivent allègrement que homos et trans sapent les fondements de notre civilisation ?

Citation :

Une idée personelle : les instances médicales ou de sécurité sociale pourraient lancer un appel à volontariat auprès des psys pour que ceux intéréssés à s’occuper des trans puissent recevoir une formation complémentaire et être "labellisés".

Au contraire ce sont ceux qui déclarent honnêtement ne pas être au fait de la question trans qui nous sont les plus favorables. Ils ne cherchent pas à nous faire entrer dans des cases toutes faites et parfaitement débilissimes. Ils s’assurent seulement que nous n’avons aucuns troubles mentaux, voire que notre volonté de transitionner est motivée et ne "gâchera" pas notre vie avant de nous donner le feu vert. 2 séances suffisent largement. En tout cas moi personnellement je n’ai eu aucun souci au niveau psy mais au niveau endocrino qui m’a fait perdre pas mal de temps et essayé de m’inclure dans un protocole (parisien !!!) dont je ne voulais pas. (d’ailleurs merci aux activistes du GAT de diffuser de l’info concernant leurs méthodes, j’en ai vu une partie)

Citation : Je sais, les passionarias vont dire que notre vilaine société va faire exprès de labelliser des psy transphobes. Il faut effectivement poursuivre la reflexion pous voir comment éviter ce danger.

En tout cas j’espère que tu ne vas pas me prendre pour une extrémiste Mais je crois qu’il faut aussi dans nos démarches tenir compte de toutes les situations possibles.

Citation : En résumé, nous sommes bien d’accord que la dysphorie de genre ne peut être laissée au simple autodiagnostic

N’est-ce pas pourtant ce qui nous pousse à agir pour effectuer nos 1ères démarches ? N’avons-nous pas touTEs fait cet autodiagnostique.

N’est-ce pas non plus ce qui se passe pour touTEs ceux/celles qui effectuent leur parcours avec suivi médical sans passer par les équipes dites officielles ?

Les praticiens n’interviennent alors que comme caution de notre bonne santé mentale afin de donner les feux verts à notre démarche.

Ne penses tu pas Anne-Gaëlle qu’il y aurait là un début de solution dépsychiatrisante et qui apporterait une garantie auprès des autorités médicales et de la sécu ? (après se poserait la question des personnes atteintes et qui sont aussi trans, mais ce serait déjà une belle avancée non ? Ces dernières personnes pourraient avoir un suivi réellement psychiatrique comme ça se fait déjà dans les protocoles, mais pourquoi psychiatriser actuellement des personnes qui n’en ont pas besoin ?)

Citation : et qu’il ne s’agit pas d’un phénomène normal. Oh la normalité de nos jours... ma pauv’ p’tite dame On en voit tellement C’était quand même bien mieux dans les temps... mais où s’arrêteront-ils ? ah y a vraiment plus de jeunesse

En tout cas merci d’avoir lancé un débat sur cette question car je pense vraiment que ta question est la clé d’une évolution pour nous touTEs dans ce pays.