Collectif Trans identitaire Européen
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L’ Edito

30 janvier 2006 Le Collectif


La plupart d’entre nous avons écumé bien des forums, créé des sites plus ou moins perso, plus ou moins engagés collectivement, disposent d’un prénom ou d’un pseudo dont on a, au moins, entendu parler.

Nous sommes des adeptes de la communication dont certaines d’ailleurs font métier.

Nous avons toutes adhéré à des Associations, encouragé les unes ou les autres dont nous nous sentions proches, soutenu des courants de pensées, milité pour des droits fondamentaux, écrit pour témoigner encourager, porter, assister les nouvelles en transition.

Alors nous avons tout entendu, du rigoureusement vrai à l’ultra faux dans un tohu-bohu de dissonances extrêmes d’engagements autant de la part de nos praticiens que de consoeurs ou de confrères tenant le haut du pavé.

Se reconnaître un peu de chaque idéal est un écartèlement intellectuel qui tient du sport de haut niveau

Ca ne fait pas toujours du bien de se faire du mal ! Ca laisse des traces en vieillissant, mais nous faisions avec.

Jusqu’au jour où j’ai entendu comme d’autres d’ailleurs, ce que je considère comme une hérésie pure de la part d’une militante de haut niveau :

« Moi, la base, je m’en fout...c’est une utopie !!!!!...sarcasmes.)

Ce jour là, j’ai bien compris qu’il y en a qui oubliaient l’essentiel, la base, justement, au profit d’immenses envolées politico syndicales dont le seul effet est d’apporter de la contestation à tous les niveaux. De la politique politicienne au détriment même de la logique !

J’ai quitté des amies que j’aimais parce que j’ai admis que je ne pourrais rien construire dans ce contexte.

Et je me suis retirée dans ma bulle en me disant que j’en avais assez à m’occuper de moi, de mon parcours, de ma famille et de mes comings-out professionnels.

Et mon téléphone a sonné à diverses reprises pour me dire que je n’étais pas la seule à être agitée par bien des sentiments contradictoires identiques, de grandes désillusions, de grands espoirs, de merveilleux projets et nous avons parlé.....

Suffisamment pour nous reconnaître dans un même idéal de dialogue, de volonté d’engagements pratiques et de proximité.

Assez pour entrevoir que nous appartenions probablement à une majorité silencieuse, celle qui n’exprime pas des sentiments violents mais qui se fait pressante sur des attentes fortes et ciblées....ciblées !!!

En quelques mots pour ne pas dire en un seul, nous avons été plusieurs à comprendre, ensembles, le raisons des barrages aux consensualismes qui empêchent le monde militant Trans. d’avancer dans une idée commune !

Des idéaux trop larges, trop différents, des engagements éparses autour d’idées trop généralistes, tout ! Tout dessuite et même avant ! Trop de querelles associatives, personnelles, qui laissent des personnes de valeur démoralisées au bord des chemins.

Nous ne ferons pas de politique d’autres s’en chargent et le font mieux que nous.

Encore que lorsqu’on désire aider son prochain dans un contexte social, cela s’appelle bien faire de la politique... Qu’à cela ne tienne, nous ne ferons pas de politique politicienne !

Du syndicalisme non plus !

Il n’est pas dans nos esprits de monter sur des tonneaux pour haranguer des foules plus ou moins acquises parce qu’en général, on va écouter des gens de son bord, le contraire se finissant gauloisement en pugilat.

La clé de notre idée au CTE a été de sortir de tout ça, pour ne rien proposer, défendre ou véhiculer de concepts généralistes mais de nous appuyer seulement dans notre démarche sur des actions précises, dont la seule visée est d’améliorer concrètement la vie des gens..

Nous ne voulons pas changer le monde, parce que nous n’en avons pas le pouvoir mais nous pouvons laisser aux futur(e)s des transitions humaines dans la dignité et la sécurité.

Nous avons convenu que pour nous notre démarche ne pouvait pas être de donner des grands coups de pieds dans une fourmilière intangible, il semblerait que personne ne pense pareil en face de nous, sans aucune harmonisation de traitements, avec un classe politique en pleine régression en laissant s’infiltrer des notions ségrégationnistes contre le monde lgbt.

Nous faisons le désagréable constat que les gens sur lesquels nous devrions pouvoir compter dans l’aspect pratique de nos démarches sont totalement ignares des spécificités particulières à prendre en compte pour traiter correctement un dossier Trans.

Une assistante sociale ne sait pas ce qu’est une transsexuelle qui vient lui demander de l’aide, nombre de médecins référents, devenus cruciaux dans nos cheminements, n’ont aucune idée de ce qu’ils peuvent et doivent faire sauf délivrer une consultation vers un psy.

Un agent de l’ANPE, des ASSEDICS ou tout autre organisme social d’entraide dans la vie de tous les jours, du travail ne possède la moindre référence sur le quoi ou comment procéder en face d’une personne en transition.

La sécu sous couvert de faire des économies se replie sur une réglementation fumeuse, sois dit en passant anticonstitutionnelle et antieuropéenne qui n’engendre que de l’inégalité sociale.

Certaines disent : Il faut tout changer ! Faire la révolution, instaurer l’anarchie !

Ce serait une solution mais nous sommes dans une démocratie, nous avons des moyens légaux d’expression pour indiquer notre mécontentement.

Oui ! Mais ensuite ?

On casse pour reconstruire quoi, comment, par qui et avec qui ?

Notre devoir de gens responsables est de dénoncer ce qui ne va pas, ce qui veut dire d’abord rassembler les cas concrets de dysfonctionnements, de frustrations, atteintes aux droits de l’homme, souvent des cas matériels et là nous sommes dans le créneau.

Evaluer les attentes d’une action, dans quelle mesure, comment, jusqu’où on veut ou on peut aller, c’est l’affaire de tous, nous sommes encore dans le bon créneau.

Il ne suffit pas de dire non !

Nous avons un devoir de contredire activement et nos contre-propositions, nous ne pouvons les faire qu’en pleine connaissance de cause en nous demandant d’abord quelles sont les contraintes légales, médicales, sociales, juridiques de tous les aspects de notre problématique, en acceptant autant de recevoir des informations que d’en donner dans un dialogue serein, respectueux de tous les protagonistes.

Il n’y a pas dans notre pays que des psys transphobes selon l’expression consacrée mais il y a aussi des gens qui raisonnent sainement, qui ne demandent qu’à nous aider, certains l’ont dit publiquement, auxquels il est possible d’exprimer notre malaise, notre volonté de ne plus être pathologisées dans des appellations dégradantes.

Il y a des idées du vingt et unième siècle à faire passer à inventer même.

Je l’ai déjà écrit : « Entre des libéralismes extrêmes et des réglementations réductrices, il y a probablement un juste milieu à instaurer au moins dans le respect des propos les uns envers les autres. C’est une règle fondamentale de la diplomatie.

Nous pensons que la violence, ne serait ce verbale est un échec de la volonté d’amélioration.

Ce sont nos vies que nous cherchons à améliorer !!!!!!!!!!!!

Notre charte est basée sur des engagements simples et humains.

Nos actions sont toutes dans un cadre préalablement défini comme concret.

Nous n’avons d’à priori contre personne d’identité physique ou morale et nous respectons les idéaux de chacun.

Le site de l’association est crée en conformité avec nos règles fondamentales, ne laissera pas passer de propos sexistes, homophobes, transphobes ou autres, Offre, un gros matériel d’information vérifiées faite par toutes nos déléguées, une véritable interactivité, une large ouverture de dialogues, propositions diverses, de débats même animés mais corrects......

Les administratrices y veilleront.

Bonne lecture Michèle, Natacha, Anne-Gaëlle et Andrée.