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Arrêtons de diaboliser certains médicaments !
23 mai 2007 Naima Nanda
Les médicaments que les transsexuelles sont amenées à prendre tout au long de leur processus de transformation et après la chirurgie de réassignation, sont à prendre avec circonspection. L’Androcur n’est pas LE diable, il y en a bien d’autres... C’est notre propre attitude plus ou moins vigilante, plus ou moins tempérante, plus ou moins persévérante, qui nous met plus en danger que les remèdes eux-mêmes à partir du moment où le bilan préalable a permis de conclure à leur utilisation sous contrôle.
Face au nombre croissant de questions qui m’étaient posées à ce sujet, j’ai écrit les principes suivants qui doivent constituer une base à laquelle chaque MtF peut (devrait !) se référer afin de ne pas se mettre en danger. Cette base ne se prétend pas exhaustive. Avec votre aide, elle peut encore s’étoffer.
Voici les principes...
Premier principe : N’importe lequel des médicaments que nous sommes amenées à prendre, nous les MtF, n’est innocent
Anti-androgènes vrais (acétate de cyprotérone, c’est-à-dire l’Androcur et ses génériques) ou dérivés de leur indication première (finastéride...), oestrogènes naturels (17 bêta-oestradiol sous quelque forme que ce soit dont Estreva) ou de synthèse (éthynil-oestradiol présent dans de très nombreuses pilules anti-conceptionnelles), progestatifs naturels (Utrogestan et génériques) ou de synthèse (Colprone, Duphaston, Lutényl, Orgamétril, Surgestril, etc...), tous ces produits sont potentiellement dangereux.
La lecture des monographies de ces différentes classes médicamenteuses est édifiante à ce propos quand on prend la peine de lire les paragraphes consacrés aux contre-indications, précautions et effets indésirables.
Deuxième principe : Bien connaître son terrain
Si on est hépatique de constitution (tendance à mal digérer les aliments gras chez soi et chez au moins un des parents) ou de façon acquise (suite d’une hépatite virale, toxique ou médicamenteuse), nombre des médicaments que nous sommes amenés à prendre seront difficilement métabolisés et pourront éventuellement perturber le bilan biologique : Augmentation des transaminases surtout les SGPT (signe d’inflammation) ou/et de la gamma-GT (singe de rétention).
Si on présente déjà des varices, si un de nos parents en présente ou a fait un accident (paraphlébite, phlébite simple ou compliquée d’une embolie pulmonaire), la prise d’œstrogène est compromise... et le terrain hépatique est certainement fragile !
Si on prend déjà des médicaments pour quelque raison que ce soit, il faut vérifier leur impact sur le foie. C’est ainsi que le paracétamol (Dafalgan, Doliprane, Efferalgan... ) est un des plus toxiques ; effectivement, sil est pris régulièrement, il peut occasionner une hépatite toxique ou une stéatose (véritable foie gras, stade avant la cirrhose).
Troisième principe : Afin de réduire les risques médicamenteux, il est recommandé d’avoir la vie la plus saine possible
Arrêt du tabagisme actif (on fume soi-même) et passif (quelqu’un de son entourage proche est fumeur), consommation d’alcool réduite hormis le vin rouge conseillé à un verre par jour (tant qu’à faire du bon !), consommation modérée de graisses cuites et surtout trop cuites.
Quatrième principe : Plus on commence jeune à prendre ces médicaments, plus le risque augmente au fil des années
Il faut bien savoir qu’aucune étude n’existe à ce jour sur le suivi médicamenteux des transsexuel(le)s...
Les références auxquelles se rapportent les « spécialistes » qui nous suivent sont des travaux portant sur le THS, c’est-à-dire chez des femmes ménopausées à qui cette recommandation dépassera rarement les 7 ans... car on sait déjà qu’au-delà de cette durée d’utilisation, le risque de dégénérescence cancéreuse augmente sensiblement...
Nous sommes donc toutes, nous les MtF, du bétail d’expérimentation pour les générations futures !
Cinquième principe : Aider notre organisme en prenant des compléments alimentaires qui soulagent le travail du foie
Rechercher les formules à base d’artichaut, de chardon marie, de pissenlit et de desmodium. Et prendre la posologie recommandée même en l’absence d’antécédent.




